Les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les enfants sont massives
Les professionnel·les qui ont pour mission de prévenir, protéger, accompagner, réparer, sanctionner, réinsérer tirent la sonnette d’alarme depuis des années.
Elles et ils n’ont pas les moyens de bien travailler – il est grand temps d’y remédier.
Les violences sexuelles sont une réalité très largement partagée par les femmes et les enfants.
Elles sont massives et sont perpétrées essentiellement par des hommes de tous les milieux.
Pourtant, la réponse judiciaire, politique et institutionnelle est très loin d’être au rendez-vous. Alors que les faits enregistrés pour violences sexuelles ont explosé, le nombre de condamnations reste extrêmement faible (94 % des affaires de viol sont classées sans suite).
À cette impunité s’ajoute le manque criant de moyens alloués à la prévention des violences et à l’accompagnement des victimes.
Agir concrètement contre les violences
Devant l’urgence à agir, il y a deux ans, des associations féministes et enfantistes, des syndicats (CGT, FSU et Solidaires), des juristes, des défenseur·es des enfants et des droits humains ont mis en commun leur expertise et leur expérience de terrain et élaboré 140 propositions, pour qu’enfin les pouvoirs publics apportent une réponse globale et cohérente à ce problème massif.
Le projet de loi transpartisan porté par une centaine de député·es est intéressant, il reprend une grande partie des propositions portées par la coalition c’est donc une première étape et nous attendons l’élargissement des points concernant le travail car le projet ne les reprend pas tous.
La CGT a travaillé spécifiquement sur les propositions concernant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.
Rappelons d’abord qu’au cours de leur carrière, 30 % des salariées en France ont déjà subi du harcèlement ou des agressions sexuelles sur leur lieu de travail ; 9 % déclarent avoir déjà eu un rapport sexuel forcé ou non désiré avec une personne de leur milieu professionnel ; 10 viols ou tentatives de viol ont lieu chaque jour sur un lieu de travail.
Ces violences, massives, ne sont pas une fatalité.
Elles résultent de l’inaction des pouvoirs publics et des employeurs : 80 % d’entre eux n’ont pas mis en place de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles, alors même qu’il s’agit d’une obligation légale ! Et quand ils existent, la plupart de ces plans de prévention sont des coquilles vides.
Le travail est un espace propice aux violences sexistes et sexuelles (VSST) car c’est un lieu de rapports de force et de domination, qui se trouvent exacerbés du fait que l’emploi conditionne l’accès à l’autonomie financière et à l’émancipation des femmes. Les plaintes qui visent Patrick Bruel aujourd’hui concernent des faits qui ont quasi tous eu lieu au travail.
Des mesures urgentes doivent être prises :
- sanctionner les entreprises et les administrations qui n’ont pas de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles ;
- donner les moyens d’agir aux référentes et référents violences ;
- étendre les prérogatives des conseiller·es du ou de la salarié·e pour qu’elles et ils puissent accompagner les victimes de violence ;
- mettre en place des jours de congé rémunérés pour effectuer toutes les démarches nécessaires en lien avec les violences subies au travail ou hors travail, notamment dans le cadre conjugal ou intrafamilial ;
- recruter 2 000 inspecteur·ices du travail et leur octroyer le nécessaire pour être formé·es spécifiquement à la lutte contre les VSST.
Les rassemblements devant les tribunaux les lundis continuent pour mettre la pression, et le 4 juillet des mobilisations se tiendront partout en France, notamment une grande marche citoyenne à Paris.
C’est important que la CGT soit présente dans les initiatives. La pétition doit continuer à être signée. Vous la trouverez sur le site www.loi-integrale.fr ainsi que toutes les propositions portées par la coalition.
Et n’oubliez pas dans la période de consulter très régulièrement le site www.egalite-professionnelle.cgt.fr